SNUDI-FO 02
Conférence Nationale sur les rythmes scolaires

Intervention du SNUDI-FO de l’Aisne

Etablissons les faits et méfaits de la réforme
jeudi 20 novembre 2014 par SNUDI-FO

Le SNUDI-FO de l’Aisne est intervenu lors de la conférence nationale sur les rythmes scolaire le 19 novembre à Paris, organisée par le SNUDI-FO avec les fédérations des personnels enseignants (FNEC-FP-FO)et territoriaux (FSPS FO)

Rédiger un compte-rendu structuré et organisé sur les effets et les méfaits de la réforme des rythmes scolaires nous a semblé une mission trop ardue.

J’ai donc opté pour un Inventaire à la Prévert, la poésie en moins.

Du point de vue des élèves, puisque parait-il, ils étaient au centre de la réforme :

  • Les enseignants constatent tous, mais c’est encore plus flagrant en cycles 1 et 2, une grande fatigue des enfants, une concentration amoindrie et donc une progression plus lente des apprentissages.
  • Dans certaines communes, les enfants n’ont pas le choix des activités, on leur impose au gré des animateurs qui se succèdent.
  • En maternelle, les NAP correspondent à la sieste ; on vient donc à l’école pour faire la sieste !!
  • Dans certaines écoles maternelles, les NAP se déroulant entre 13h30 et 14h30, on donne le choix aux parents d’enfants de MS d’inscrire ou non leur enfant à la sieste. Je vous laisse imaginer la capacité d’attention de ces enfants l’après-midi.
  • On constate également un manque de repères pour les enfants puisque les règles de vie dictées par les adultes diffèrent selon que l’on est en temps scolaire ou en temps périscolaire. C’est d’autant plus flagrant lorsque la « pause » d’avant APC se déroule en même temps et au même endroit que la « pause » d‘avant NAP : certains enfants ont à ce moment-là le droit de grimper sur les murs ou de jouer au cochon pendu sur les buts et d’autres non.
  • D’ailleurs dans les écoles où les NAP et les APC ont lieu en même temps, les enfants des APC considèrent qu’ils sont punis puisque pendant qu’ils travaillent les autres jouent.
  • Les enfants qui ont sur le temps scolaire une AVS ne l’ont plus pendant les NAP. De ce fait, ces enfants peuvent se voir refuser l’accès aux NAP, ou quand ils y sont admis ils ne sont pas encadrés comme il se doit.
  • Evidemment il y a aussi les questions liées à la sécurité tant dans les activités elles-mêmes, que lors des trajets ou des périodes de transition entre le temps scolaire et le temps périscolaire, qui peut d’ailleurs selon les communes être fort long. Précisons que dans de nombreux cas, les animateurs n’ont pas les numéros de téléphone des parents au cas où !

Du point de vue des enseignants :

  • Unanimement, ils sont fatigués tant physiquement que nerveusement.
  • Ils ont l’impression de passer leur temps à l’école.
  • Ils courent après le temps mais certains apprécient de finir plus tôt ou d’avoir un après-midi libre.
  • Dans les écoles où les NAP se passent dans les classes, les enseignants déplorent l’utilisation de leur classe, de leur matériel qu’il soit de classe ou personnel, mais aussi de temps en temps de la pharmacie de l’école. Je précise également que lorsque toutes les classes ne sont pas investies on peut constater des tiraillements dans les équipes (pourquoi ma classe et pas la tienne ?).
  • Bien que réticents à quitter leur école à cause de leur conscience professionnelle, de plus en plus de collègues fuient au moment des NAP pour ne pas voir les problèmes et ne pas être tentés d’intervenir.
  • On demande aussi à certains enseignants de participer à des réunions pour harmoniser les activités scolaires et les NAP, ou pour donner des idées aux animateurs. Dans le cas d’ailleurs où ces animateurs ne manquent pas d’idées, ils essaient, et réussissent parfois, de dicter aux enseignants quelle activité mener ou ne pas mener en classe (sport dans les NAP donc pas sport pendant la classe) N’oublions pas non plus les directeurs à qui on demande de faire et d’éditer des listes d’enfants que ce soit pour les activités, pour les transports etc…c’est vrai qu’ils n’ont pas suffisamment de travail.
  • Ce qui engendre bien entendu de plus de tensions entre les écoles et les collectivités territoriales.
  • On a aussi le cas d’emplois du temps validé, pour ne pas dire imposé, par le DASEN qui sont des plus surprenants : des écoles avec des matinées de 3h30 avec les APC avant la classe 2 fois par semaine soit des matinées de 4 h pour certains enfants ; ou des écoles, en tout cas au moins une, la mienne, avec un vendredi après-midi sur lequel sont concentrées 55 minutes de classe et 1 h 55 de NAP (ceci à cause des transports scolaires).
  • Autre effet pervers de cette réforme : dans certaines écoles, des intervenants extérieurs animaient des séances de sport, théâtre ou autre... Ces activités, sur le temps scolaire, étaient donc gratuites, les intervenants étant payés par les mairies. Cette année, ces activités sont proposées pendant les NAP et sont devenues payantes.
  • Sans parler de la migration d’enfants sur le privé ; à Soissons par exemple l’école privée a ouvert 2 nouvelles classes à la rentrée et a une liste d’attente conséquente. Les familles expliquent aux collègues que cela leur revient moins cher que l’école publique. Un comble !!

Du point de vue des familles

  • En maternelle de plus en plus d’enfants sont absents le mercredi matin.
  • Les parents n’hésitent à prendre les rendez-vous médicaux ou à demander les séances d’orthophonie sur le temps scolaire.
  • Les familles déplorent que ces NAP ne soient pas systématiquement gratuites ou que le nombre de places puisse être limité (exemple une de nos écoles 28 places aux NAP pour 130 inscrits à l’école, les premiers inscrits sont les premiers servis)
  • Les parents font fatalement l’amalgame entre scolaire et péris.colaire : quand il y a souci pendant les NAP, on s’en plaint aux enseignants, on demande dans les conseils d’école que certaines matières (anglais) soient enseignées pendant les NAP.
  • Dans certaines écoles primaires, les horaires de NAP sont différents selon que les enfants sont en maternelle ou en élémentaire ; ce qui n’est pas simple pour les parents.
  • L’action des gilets jaunes est assez peu suivie dans notre département (à part dans le nord).

Du point de vue des inspections
(Information donnée par une camarade au sein d’une inspection)

  • De plus en plus de parents se plaignent que leur enfant a été oublié ou perdu.
  • De plus en plus de parents se plaignent que les enseignants ne s’occupent pas des problèmes qui apparaissent pendant les NAP.
  • Mais aussi de plus en plus d’enseignants et de directeurs se plaignent du nombre croissant d’enquêtes en tout genre à remplir.

Du point de vue des collectivités territoriales et des associations

  • Plus de problèmes constatés quand la compétence périscolaire a été confiée aux communautés de communes car elles ne cherchent pas à avoir des informations auprès des communes ou des écoles.
  • Concurrence naissante entre les communes ; on recrute des animateurs en surenchérissant sur la commune voisine (peut-on parler de communes riches / communes pauvres).
  • Pression de la part de communes sur d’autres pour faire changer les horaires des NAP afin de mutualiser les animateurs (du coup, une école se voit dicter ses horaires par les communes voisines).
  • Concurrence entre les associations qui pour certaines font la promotion de leur activité et d’autres qui refusent d’intervenir dans les NAP de peur de voir leur nombre d’adhérents chuter.
  • Inquiétude des communes quant au fonds d’amorçage, où se succèdent ordre et contrordre : au début 50€ par enfant pendant 2 ans ; puis 40 € par enfant pendant un an ; aux dernières nouvelles communiquées aux communes 40 € par enfant pendant 2 ans mais à condition qu’au bout d’un an un PEdT soit signé.

Voilà la liste non-exhaustive des remarques recueillies auprès des collègues concernant les rythmes scolaires

En ce qui concerne les titulaires remplaçants ou postes fractionnés, certains collègues ont du mal à récupérer leurs heures surnuméraires.
Mais je signalerai quand même l’initiative d’une inspection qui a demandé aux enseignants qui sont sur des postes fractionnés de calculer le nombre d’heures effectuées en ne tenant compte que des jours pleins sur l’année. De là, la différence entre ce nombre d’heures et le nombre total d’heures de service détermine un nombre de mercredis qui seront travaillés par les collègues.

Même si cette solution n’est pas parfaite, elle a au moins le mérite d’assurer aux collègues la récupération de leurs heures.


titre documents joints

21 novembre 2014
info document : PDF
106.1 ko

Accueil | Contact | Plan du site | | Suivre la vie du site RSS 2.0

Site réalisé avec SPIP